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Un demi-sandwich et un plan miteux

On a beau être un des peuples les plus râleurs du monde, il y a des fois où il n’y a vraiment pas de quoi se plaindre: entre le système de l’intermittence et les conditions d’accueil des groupes dans les salles de concert, le musicien qui navigue en France ne se rend souvent pas compte de la chance qu’il a. Ainsi, si en Angleterre, il n’est pas rare après un concert de se voir jeter à la gueule un sandwich avarié et un plan des hôtels londoniens les plus miteux, les groupes qui tournent en France ont la possibilité de remplir un document magique au doux nom d’Hospitality Rider ou Rider d’accueil.

On travaille mieux le ventre plein

I3Les journées du musicien en tournée sont parfois longues, très longues, entre le moment où l’on arrive à la salle et celui où l’on rejoint enfin son plumard. Aussi n’est-il jamais désagréable, avant de décharger le matériel et de commencer les balances, de trouver un endroit où poser ses fesses et grignoter un petit truc. C’est ce qu’on appelle un catering, dont les musiciens peuvent généralement faire la demande dans l’hospitality rider… en restant raisonnable, bien entendu! Car si la plupart savent bien se tenir (un canapé, quelques bières, éventuellement une douche…), les plus grosses stars peuvent parfois dépasser les limites des bornes, comme l’a si justement souligné Noisey.

Le site Thesmokinggun.com s’est même fait une spécialité de repérer toutes les bizarreries que peuvent contenir les riders de vos groupes préférés !

A table !

Que ce soit après ou plus rarement avant le concert (pour des raisons de digestion assez évidente, quoique), les musiciens en tournée ont théoriquement droit à un repas plus ou moins chaud dans le ventre. Prenez donc bien soin, dans votre hospitality rider, de réserver une section au repas du soir, section où vous préciserez le cas échéant les habitudes alimentaires de chaque membre du groupe (y’a-t-il un vegan dans la salle?) et éventuellement le genre de choses que vous aimez manger. Comme pour le catering, n’abusez pas de l’hospitalité des gens qui vous accueillent, il est communément admis qu’il est difficile de trouver un restaurant de spécialités scandinaves ouvert un dimanche à Moulins. D’ailleurs, vous pouvez aussi suggérer dans votre hospitality rider la possibilité d’échanger ce repas du soir contre un per diem, soit une pratique qui consiste à verser au groupe une somme forfaitaire supplémentaire, généralement en cash, qui lui permettra d’aller lui-même chercher sa pitance là où il le souhaite. Une pratique assez commode quand tout le monde ne veut pas manger la même chose tous les soirs… Mais qui implique aussi qu’à défaut d’un tour-manager très au fait des spécialités culinaires de chaque ville, vous ayez accès à ce genre de site quand il s’agit de trouver un endroit pour manger sur le pouce partout en France.

Allez hop, au lit !

i3-4Un bon conseil pour un groupe en tournée : ménagez-vous, ou vous ne tiendrez jamais la distance ! L’organisateur du concert est ainsi censé vous assurer le gîte pour la nuit, même si, suivant la taille de la structure qui vous accueille, il peut vite s’agir d’un matelas pour deux dans le salon du trésorier de l’association. Mais qui ne tente rien n’a rien, aussi n’hésitez pas à demander dans votre hospitality rider l’obtention de chambres avec des lits jumeaux dans un hôtel de chaîne (toujours pareil, vous n’avez pas forcément besoin de votre lit king size dans un 4 étoiles que vous allez occuper environ 5 ou 6 heures dans le meilleur des cas). L’important restant de préciser si vous acceptez éventuellement de dormir chez l’habitant, et dans quelles conditions (allergies éventuelles, etc.)

Dans certains cas, comme pour le repas du soir, l’organisateur peut vous proposer un per diem, et ce sera alors à vous de vous dégoter un lieu pour la nuit, sur booking.comwww.hostels.com/fr ou par Air B’n’B, par exemple.

Et sinon…

Ces petits articles vous récapitulent les éléments à ne pas oublier dans votre hospitality rider :