Ca y est, vous avez envoyé votre premier mailing (cf I.1, Faire un mailing professionnel) à votre base de contacts soigneusement triés (voir I.5, Construire sa base de contacts)… Et assez étrangement (ou pas, d’ailleurs), personne ne vous a répondu dans la minute, subjugué par votre démarche et ravi de vous booker sur la seule fois des quelques lignes que vous lui avez adressées. C’est qu’il vous reste une étape essentielle du booking à assimiler : la relance téléphonique, ou phoning dans la langue de Lemmy Kilmister.

 

E.T. téléphone maison

II2-3Soyons réalistes : non seulement aucun programmateur ne répondra par mail à votre premier envoi, mais en plus de ça, dans la plupart des cas de figure, votre interlocuteur n’aura peut-être même pas ouvert votre message. Le but du jeu est donc de l’amener à s’intéresser à votre projet en lui représentant celui-ci à l’oral, sans pour autant tomber dans le marchandage ou la négociation commerciale. Vous n’êtes pas des vendeurs de tapis ou d’encyclopédies en vingt volumes, n’oubliez jamais que les programmateurs sont des êtres humains comme tout le monde (enfin, la plupart. Certains d’entre eux sont très certainement des extraterrestres venus envahir le monde et bousiller votre existence, mais c’est une autre histoire) et que vous êtes avant tout là pour parler… de musique.

Tous à l’échauffement

II2Gare au claquage. S’il n’est pas soigneusement préparé, votre coup de fil pourrait bien plus vous desservir qu’autre chose, et anéantir toutes vos chances de passer dans cette salle tant que le programmateur que vous avez soulé au téléphone est encore en place. Commencez par choisir le bon moment pour appeler vos interlocuteurs, ni trop tôt le matin, ni en plein rush de préparation de leur concert du soir. Installez-vous donc à une table avec votre téléphone, évitez les distractions (pas de musique de fond et pas de Candy Crush, soyons sérieux deux minutes) et ayez en permanence trois choses sous les yeux : votre base de donnée, les informations que vous avez pu récolter sur le lieu et votre « argumentaire ». Ne passez pas de coup de fil sans avoir au préalable bien étudié le terrain (à qui allez vous parler, qu’est-ce qu’il programme généralement, où se trouve la salle, quelle est sa capacité, etc.) et rédigé un brouillon de la conversation à suivre, histoire de ne pas oublier un élément important pendant celle-ci et de vous retrouver à bafouiller bêtement. Comme le disent très bien ces articles de Guilhem Bertholet ou de Gautier Girard, l’important, c’est d’être à l’aise au moment de passer votre coup de fil, et de ne surtout pas paniquer.

Bonjour, c’est pour vous vendre un truc…

II2-2Surtout pas. Ne parlez pas d’argent, sauf si on vous le demande. Ce premier coup de fil est une prise de contact, pas une négociation commerciale, et vous ne devez pas vous placer d’entrée en position de demandeur. Intéressez-vous à votre interlocuteur, commencez par prendre des nouvelles de son lieu, tâter le terrain gentiment, expliquez ensuite les raisons de votre appel et présentez votre projet de manière concise, en faisant toujours preuve de franchise (ne survendez pas, ça vous retombera sur le coin de la gueule à un moment) et de précision. N’oubliez pas de placer (sans trop en faire non plus) les raisons essentielles pour lesquelles on devrait vous booker sur une date, et montrez que vous êtes des gens coopératifs et sérieux sur tous les plans. Enfin, soignez votre langage, et n’oubliez pas qu’on ne parle pas de la même manière au patron d’un bar rock et au programmateur des Transmusicales. Le tutoiement est certes très utilisé dans le monde musical, mais connaissez vos limites…

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