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Ne vendez pas votre concert pour un Kébab…

Surtout, ne pensez jamais que vous vendez votre groupe trop cher. Pensez aux interminables heures de répétition, de résidence, et même à toutes ces leçons de musique que vous avez prises depuis votre tendre enfance. Il est important de se situer par rapport aux autres groupes de votre niveau. Combien prennent-ils, pour combien de musiciens, dans quelles conditions ? Dans tous les cas, ne proposez pas votre groupe à un prix ridicule, cela fera de vous un concurrent déloyal auprès des autres groupes, qui vous en tiendront rigueur. Et puis, jouer pour un croque-monsieur, ça va cinq minutes, mais ça fatigue vite…

Mais ne demandez pas non plus la Lune…

De même façon, ne vendez pas votre groupe trop cher non plus. Faites le calcul, même les moins matheux d’entre vous s’y retrouveront : si un bar vous donne 500 euros pour un concert à l’entrée gratuite, qu’il récupère tout de même le bar où il espère vendre 60 pressions à 3 euros, il ne gagne que 180 euros sur ses ventes, sans compter le prix du fût de bière. Après vous avoir payé, il aura perdu au moins 320 euros! Le calcul est vite fait, et en premier lieu par les gens qui vous accueillent potentiellement. Dès que vous sortirez des bars pour aller jouer dans des salles plus grandes ou des festivals, pensez encore à ce calcul, mais tempérez le en utilisant l’argument du cachet minimum : « Ecoute, on ne peut pas jouer pour si peu. Le cachet minimum pour un artiste en représentation est de minimum 12 SMIC horaire, soit 12 x 9,88 € = 118,56 € au 1er janvier 2018. On est 4, donc légalement, tu peux pas nous proposer moins que 474,24 € ». Le tout avec le sourire et le ton jovial, on n’est pas là pour vendre des brosses à dents non plus.

Depuis juin 2015, il existe une aide, ca s’appelle le GIP café-culture. Les lieux peuvent alors chopper de l’argent, dans le but de vous payer légalement. Peut-être ne sont-ils pas tous au courant, ce sera votre mission de les informer…

Et pour savoir tout sur les cachets, l’intermittence, tout ça tout ça, c’est ici.

On peut toujours s’arranger

L’idée, c’est avant tout que tout le monde s’y retrouve. C’est ce que les américains appellent le win-win, ou « gagnant-gagnant », une expression très en vogue dans le milieu de la musique, et pour cause. « Ok ! On veut bien jouer pour ce prix, mais en échange, tu nous mets en bien gros sur l’affiche, ou alors on joue à 22h30 sur la grande scène, ou alors vous enregistrez le concert et vous nous filez les bandes… » Pour chaque concert, vous pourrez ainsi tirer quelque chose d’intéressant pour votre projet, ne pensez pas seulement ça en terme financier, les avantages en nature peuvent être parfois autrement plus enrichissants. Et si vous avez un minimum d’éthique, faites donc un geste pour les événements gratuits ou humanitaires, ça ne mange pas de pain.

C’est dans la boîte

Comme dans toute négociation, pensez à résumer vos accords sur un contrat, et faites-le signer par les deux parties, dans l’intérêt de tous. (Cf Se préparer légalement). Dites-vous bien qu’en droit français, même une serviette en papier peut servir de contrat, tant qu’il y a une date et deux signatures. Le but étant que les prix soient bien fixés et que vos demandes diverses soient respectées (cf Le rider d’accueil). Sans tomber dans le tout-juridique qui vous fera passer pour des casse-couilles finis, vous avez toujours le droit d’être un minimum protégés par la signature d’un contrat, juste… au cas où.

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