Ce ne sera pas une surprise pour vous d’apprendre que si pour survivre, un groupe compte essentiellement sur les cachets de ses concerts, une part substantielle de son économie lui vient de son merchandising (ou marchandisage en français) : un terme barbare regroupant pêle-mêle tous les produits dérivés (disque, tee-shirts, casquettes, badges…) que le groupe est susceptible de vendre après un concert. Attention, si la plupart du temps cette pratique n’est pas vraiment contractualisée, veillez tout de même à bien préciser au lieu qu’il vous accueille que vous seriez désireux de pouvoir tenir un stand dans leurs murs : certaines peuvent ainsi (mais heureusement, elles sont rares) vous demander en échange un pourcentage de vos revenus de merchandising. Pas glop.

Comme un baiser sans moustache

III3-2Comme l’explique très bien Conflikarts dans ce petit article, un groupe sans merchandising aujourd’hui, c’est un petit peu comme un baiser sans moustache ou un steak sans poivre, ne serait-ce que parce que l’on sait très bien qu’être un bon groupe au XXIème siècle, c’est aussi avoir une identité forte derrière la musique, et les produits dérivés qui vont avec. Outre le facteur économique déjà évoqué (les prix de production peuvent être aujourd’hui relativement faibles, et les bénéfices importants pour un groupe doté d’un bon merch), il ne faudrait pas oublier que ces tee-shirts, stickers et autres badges sont aussi un formidable vecteur de promotion pour votre groupe, dès lors qu’ils sont réussis et que l’on a envie de les porter en soirée. Et enfin, il paraît que le disque va mal, mais en attendant, sachez qu’un groupe indé vend aujourd’hui presque autant de disques après un bon concert que perdus au milieu de cinquante autre références au rayon power-pop de votre disquaire préféré… logique.

String ficelle ou gode-ceinture ?

La première chose à penser reste bien évidemment la composition de votre merchandising, et sa conception. L’idée est de garder l’équilibre, en proposant une large gamme de produits (plus vous aurez de choix, et plus votre stand sera attrayant) sans pour autant tomber dans le grand n’importe quoi (dont Greenroom a répertorié ici quelques exemples assez parlants). Riffx.fr le dit bien ici, il vaut toujours mieux avoir plusieurs tee-shirts différents et deux albums plutôt qu’un seul tee-shirt, des string ficelles et de la sauce tomate (true story). Des boîtes comme Conscience ou SpreadShirt pourront ensuite s’occuper de la production en elle-même, à moins que vous ne préfériez vous tourner vers une boutique locale.

 

Deux pour le prix d’un ?

Bon, vous avez fait votre merchandising, les boîtes sont arrivées, il ne vous reste plus… Qu’à les vendre pour de vrai. Si le premier conseil serait en toute logique de commencer par faire un bon concert, on peut aussi vous suggérer de porter une attention particulière à la déco et à l’emplacement de votre stand merchandising, dont la visibilité conditionnera certainement son succès. Chacun à leur manière, ConfliktArts et Riffx vous donnent quelques astuces pour maximiser son impact, de la signalétique au concept des bundles, c’est-à-dire des « packs promos » qui permettent, outre d’être attractifs, d’écouler rapidement quelques articles invendus…